Quel est le rendement moyen d’un ETF ?

Le rendement moyen d’un ETF actions mondiales tourne autour de 8 à 9 % par an en nominal sur les dernières décennies, dividendes réinvestis. Ce chiffre, souvent cité comme référence, masque une réalité bien plus granulaire. Entre le choix de l’indice répliqué, la méthode de réplication et les frais réels supportés, deux ETF classés dans la même catégorie peuvent diverger de plusieurs points par an.

Dispersion des rendements entre ETF actions mondiales : l’angle mort des moyennes

Nous observons depuis 2022 des écarts significatifs entre ETF pourtant rattachés au même univers géographique. Sur les catégories actions mondiales ou sectorielles, des données Morningstar sur 2023-2024 montrent que le quart supérieur et le quart inférieur des fonds d’une même catégorie affichent des différences de plusieurs points de pourcentage annualisés.

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Trois facteurs expliquent cette dispersion :

  • L’indice exact suivi – un MSCI World Net Total Return, un MSCI World Price Return et un MSCI World ESG Screened ne couvrent pas les mêmes paniers de titres ni les mêmes flux de dividendes. Les variantes ESG excluent parfois des poids lourds sectoriels (énergie, défense) qui peuvent tirer la performance vers le haut ou vers le bas selon les cycles.
  • La méthode de réplication – un ETF en réplication physique complète supporte des coûts de transaction sur chaque rééquilibrage, tandis qu’un ETF synthétique (swap) peut capter un rendement légèrement supérieur grâce à l’optimisation fiscale sur les retenues à la source de dividendes, mais introduit un risque de contrepartie.
  • Les revenus annexes du fonds – le prêt de titres pratiqué par certains émetteurs (iShares, Vanguard) génère quelques points de base supplémentaires qui réduisent l’écart entre le TER affiché et le coût réel. Un ETF avec un TER de 0,20 % mais un programme de prêt actif peut coûter moins cher en net qu’un concurrent affiché à 0,12 % sans prêt de titres.

Parler d’un rendement moyen unique pour « les ETF » revient à moyenner des instruments dont les caractéristiques techniques divergent. Le rendement dépend d’abord de l’indice précis répliqué, pas du label ETF.

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Femme discutant du rendement moyen d'un ETF avec un conseiller financier dans un bureau professionnel

Rendement réel des ETF : l’écart entre nominal et net d’inflation

Selon les calculs de JP Morgan sur la période 1900-2023, les actions américaines ont rapporté environ 6,7 % par an en rendement réel, c’est-à-dire corrigé de l’inflation. Les obligations se situaient à 1,8 % par an, et les liquidités à 0,5 % par an.

Ces chiffres recadrent la discussion. Un rendement nominal de 8 à 9 % par an sur un ETF MSCI World, après déduction d’une inflation moyenne de l’ordre de 2 à 3 %, ramène la performance réelle dans une fourchette cohérente avec les données historiques longues de JP Morgan.

L’effet des frais cumulés sur le rendement net

Sur un horizon de placement de vingt ans, la différence entre un TER de 0,07 % (Vanguard S&P 500 UCITS) et un TER de 0,50 % se traduit par un écart substantiel sur le capital final. Les frais composent contre l’investisseur exactement comme les rendements composent en sa faveur.

Nous recommandons de comparer non pas le TER seul, mais la tracking difference annualisée sur trois à cinq ans. C’est l’écart réel entre la performance de l’ETF et celle de son indice de référence. Un ETF peut afficher un TER bas tout en sous-performant son indice à cause de coûts de transaction élevés ou d’une mauvaise gestion du cash drag.

ETF obligataires et rendement courant : la donne a changé depuis 2022

Pendant la décennie 2010-2021, les ETF obligataires en euros offraient des rendements courants proches de zéro, voire négatifs sur certaines maturités souveraines. La remontée des taux directeurs depuis 2022 a modifié la situation. Les ETF obligataires affichent désormais des rendements courants nettement supérieurs à ceux de la dernière décennie.

Un ETF répliquant un indice d’obligations d’entreprises investment grade en euros offre aujourd’hui un rendement à maturité sensiblement plus attractif qu’en 2020. Pour un investisseur qui cherche un complément de rendement avec une volatilité inférieure aux actions, c’est un paramètre à intégrer dans l’allocation.

Comparaison par classe d’actifs : ordres de grandeur

Type d’ETF Rendement annualisé indicatif (historique long)
Actions mondiales (MSCI World) 8 à 9 % nominal, environ 6 à 7 % réel
Actions émergentes Inférieur aux actions développées sur la dernière décennie
Obligations souveraines EUR Faible sur 2010-2021, en hausse depuis 2022
Obligations corporate investment grade Rendement courant remonté post-2022

Investisseur consultant les performances de son ETF sur une tablette depuis son salon

ETF capitalisant ou distribuant : impact direct sur le rendement composé

Le choix entre un ETF capitalisant (Acc) et un ETF distribuant (Dist) affecte directement le rendement net sur longue période. Un ETF capitalisant réinvestit automatiquement les dividendes dans le fonds, ce qui évite le frottement fiscal à chaque distribution et augmente l’effet des intérêts composés.

Sur un horizon de vingt à trente ans, un ETF capitalisant surperforme mécaniquement son équivalent distribuant à indice et TER identiques, surtout dans une enveloppe fiscale comme le PEA où les plus-values ne sont taxées qu’à la sortie. En compte-titres ordinaire, chaque distribution subit le prélèvement forfaitaire, ce qui ampute le capital réinvesti.

Fiscalité et enveloppe : le vrai déterminant du rendement net

Un ETF éligible PEA (par exemple un ETF MSCI World synthétique domicilié en France ou au Luxembourg) permet de différer l’imposition. Un même rendement brut de 8 % par an produira un capital final très différent selon qu’il est logé en PEA ou en CTO, à cause du prélèvement annuel sur les distributions en CTO.

Le rendement moyen d’un ETF n’a de sens qu’une fois rapporté à l’indice exact, à la structure du fonds et à l’enveloppe fiscale utilisée. Deux investisseurs exposés au même marché via deux ETF différents dans deux enveloppes distinctes obtiendront des performances nettes sans rapport entre elles. L’exercice de la moyenne cache plus qu’il ne révèle.

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