On rénove une maison classée F au DPE, on veut changer la chaudière fioul et isoler les combles. Le réflexe, c’est de chercher ce que l’ANAH peut financer. La réponse dépend du type de parcours choisi et de la nature exacte des travaux, car depuis 2026, les règles ont sensiblement bougé.
Rénovation d’ampleur ANAH : les travaux qui exigent un projet global
C’est le point qui piège le plus de ménages. L’isolation des murs, de la toiture, des fenêtres ou des sols, la pose d’une VMC, le passage à un chauffage bois ou biomasse ne sont plus finançables en geste isolé par l’ANAH. Ces travaux ne restent éligibles que dans un dossier de rénovation d’ampleur, avec des critères cumulatifs stricts.
A lire aussi : Comment produire de l'électricité chez soi ?
Pour qu’un projet soit recevable, il faut réunir au moins deux gestes d’isolation (par exemple murs + toiture), obtenir un gain d’au moins deux classes DPE après travaux, et partir d’un logement classé E, F ou G. Le logement doit avoir été construit depuis au moins quinze ans. En maison individuelle, on ne peut pas conserver un chauffage majoritairement gaz, fioul ou charbon après les travaux.
Concrètement, si on veut juste remplacer des fenêtres sans toucher à autre chose, l’ANAH ne financera pas. Il faut coupler ce remplacement avec un second poste d’isolation et viser un saut de deux lettres sur l’étiquette énergie.
A voir aussi : Quels sont les trois types d’artisanat ?

MaPrimeRénov’ par geste : quels équipements restent finançables seuls
Le parcours « par geste » de MaPrimeRénov’, distribué par l’ANAH, couvre encore certains travaux sans obligation de projet global. On parle ici principalement du changement de système de chauffage ou de production d’eau chaude.
Les équipements éligibles incluent :
- Les pompes à chaleur (air/eau, géothermiques), avec un montant forfaitaire qui varie selon les revenus du foyer
- Les systèmes solaires combinés et chauffe-eaux solaires individuels
- Les chaudières à très haute performance énergétique fonctionnant au bois ou aux granulés (dans le cadre du parcours par geste, pas en ampleur)
- Le raccordement à un réseau de chaleur alimenté majoritairement par des énergies renouvelables
L’aide est forfaitaire : son montant dépend du type d’équipement et de la catégorie de revenus (bleu, jaune, violet, rose). Les ménages aux revenus très modestes touchent les montants les plus élevés.
Point à retenir : à partir du 1er septembre 2026, le parcours par geste sera supprimé. Tous les travaux devront alors passer par le parcours « rénovation d’ampleur ». Si on prévoit un simple remplacement de chaudière, mieux vaut déposer son dossier avant cette date.
Adaptation du logement au handicap et au vieillissement : MaPrimeAdapt’
L’ANAH ne finance pas que la performance énergétique. Depuis 2024, MaPrimeAdapt’ prend en charge l’adaptation à la perte d’autonomie. On parle ici d’un tout autre registre de travaux, souvent méconnu.
Sont concernés : l’installation d’une douche de plain-pied à la place d’une baignoire, la pose de barres d’appui, l’élargissement de portes pour un fauteuil roulant, la création d’une rampe d’accès, ou encore la motorisation de volets roulants. Le logement doit être la résidence principale du demandeur, et celui-ci doit justifier d’une perte d’autonomie (GIR 1 à 6, taux d’incapacité, ou être âgé de 70 ans et plus).
Les retours varient sur le délai d’instruction de ces dossiers, mais le principe reste simple : un diagnostic autonomie est réalisé, puis un plan de travaux est établi avec un accompagnateur habilité.
Ma Prime Logement Décent : travaux contre l’habitat indigne
Troisième volet souvent ignoré : l’ANAH finance la remise en état de logements considérés comme indignes ou très dégradés via Ma Prime Logement Décent. Cela concerne les propriétaires occupants aux revenus modestes dont le logement présente des risques pour la santé ou la sécurité.
Les travaux couverts vont de la reprise de l’installation électrique à la réfection de la toiture, en passant par le traitement de l’humidité ou le remplacement d’un réseau de plomberie vétuste. Ce dispositif peut aussi bénéficier aux propriétaires bailleurs qui s’engagent à louer à des niveaux de loyer plafonnés (via le dispositif Loc’Avantages).

Suspension du guichet début 2026 : un piège pour les dossiers en cours
Le guichet MaPrimeRénov’ a été suspendu du 1er janvier au 23 février 2026. Pendant cette période, les travaux engagés n’ont pas pu bénéficier d’une prise en charge. Les devis signés durant ce creux ne donnaient droit à rien, même si le projet cochait toutes les cases techniques.
Les modalités et conditions d’attribution ont évolué à la réouverture. Avant de lancer un chantier, on a tout intérêt à vérifier que le guichet est bien ouvert et que les critères n’ont pas changé entre la simulation initiale et le dépôt effectif du dossier.
Cumul avec d’autres aides
MaPrimeRénov’ (quel que soit le parcours) peut se cumuler sous conditions avec les certificats d’économies d’énergie (CEE), les aides des collectivités locales, la TVA à taux réduit et l’éco-prêt à taux zéro. Le cumul est plafonné, mais il permet de réduire significativement le reste à charge, surtout pour les ménages aux revenus modestes ou très modestes.
Le réflexe le plus utile reste de contacter France Rénov’ (0 808 800 700) avant tout engagement. Les conseillers orientent gratuitement vers le bon parcours et identifient les aides cumulables. Un dossier bien monté dès le départ évite les mauvaises surprises, surtout quand les règles changent en cours d’année.