Le chiffre 26 revient souvent dans les recherches sur les identités de genre. Il circule sur les réseaux sociaux, dans des articles de vulgarisation, parfois dans des débats télévisés. Pourtant, ce nombre ne correspond à aucune classification scientifique ou juridique établie. Pour comprendre d’où il vient et ce qu’il recouvre, il faut d’abord distinguer deux notions que l’on confond constamment : le sexe et le genre.
Sexe biologique et identité de genre : deux notions distinctes
Le sexe renvoie à des caractéristiques physiques mesurables : chromosomes, hormones, organes reproducteurs. La majorité des personnes naissent avec un profil mâle ou femelle, mais certaines présentent des variations intersexes qui ne correspondent pas strictement à l’un ou l’autre.
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Le genre, lui, désigne la manière dont une personne se perçoit et se définit. L’identité de genre est une perception intérieure, pas une donnée anatomique. Une personne assignée homme à la naissance peut se reconnaître comme femme, ou ne se reconnaître dans aucune de ces catégories.
Vous avez déjà remarqué que dans la vie courante, on utilise « sexe » et « genre » comme des synonymes ? Cette confusion alimente une bonne partie du malentendu autour du chiffre 26 ou de tout autre nombre avancé.
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D’où vient le chiffre de 26 genres ?
Aucune institution scientifique, aucune organisation internationale n’a publié une liste officielle de 26 genres. Ce nombre provient de compilations réalisées par des associations, des militants ou des médias pour illustrer la diversité des identités. D’autres listes en comptent 50, 76, ou davantage. Le nombre varie selon les sources parce qu’il n’existe pas de registre universel.
Certaines identités figurant dans ces listes décrivent des réalités très différentes. Prenons trois exemples concrets pour saisir l’étendue du spectre :
- Une personne non binaire ne se reconnaît ni exclusivement homme ni exclusivement femme. C’est l’une des identités les plus documentées en dehors du cadre binaire classique.
- Une personne genderfluid vit son genre comme variable dans le temps : certains jours plutôt masculine, d’autres plutôt féminine, parfois entre les deux.
- Une personne agenre ne ressent aucune appartenance à un genre particulier. Pour elle, la catégorie « genre » elle-même n’a pas de prise.
Ces trois identités sont distinctes, et pourtant elles se retrouvent souvent regroupées sous l’étiquette « non binaire » dans les formulaires administratifs. Le chiffre 26 (ou 76) tente de rendre visible cette diversité que les cases habituelles ne capturent pas.

Reconnaissance juridique des genres : ce que dit le droit en France et ailleurs
En France, l’état civil ne reconnaît que deux mentions de sexe : masculin et féminin. Le droit français ne reconnaît pas de troisième genre à l’état civil. Une personne trans peut demander un changement de la mention de sexe sur son acte de naissance, mais elle passe d’une catégorie à l’autre, sans option intermédiaire.
D’autres pays ont fait des choix différents. L’Allemagne, l’Inde et le Népal autorisent une troisième mention sur les documents d’identité. Ces mentions varient : « divers » en Allemagne, « autre » ailleurs.
Évolutions récentes au Royaume-Uni et aux États-Unis
La tendance n’est pas uniforme dans le monde. Au Royaume-Uni, une version mise à jour du code de pratique de la Commission pour l’égalité (EHRC) est entrée en vigueur le 5 août 2026. Ce texte oriente la lecture juridique du mot « sex » dans l’Equality Act vers le sexe biologique, ce qui modifie concrètement l’accès à certains services séparés selon le sexe.
Aux États-Unis, l’administration fédérale a renforcé depuis 2025 une ligne restrictive sur la reconnaissance de l’identité de genre dans les politiques publiques. Le département de l’Éducation a cessé de collecter certaines données sur les élèves non binaires pour l’année scolaire 2025-2026, en invoquant un décret présidentiel de janvier 2025. Des données disparaissent quand les cadres juridiques changent.
Ces exemples montrent que la question du nombre de genres n’est pas seulement théorique. Elle a des conséquences directes sur les droits, l’accès aux soins et la visibilité statistique des personnes concernées.
Pourquoi compter les genres n’a pas vraiment de sens
Le genre, tel que le définissent les chercheurs en sciences sociales, fonctionne davantage comme un spectre que comme une liste à cocher. Tenter de fixer un nombre revient à découper un dégradé de couleurs en cases nettes : utile pour communiquer, mais réducteur par nature.
Les listes de 26, 50 ou 76 genres remplissent un rôle pédagogique. Elles donnent des mots à des expériences vécues qui, sans vocabulaire, restent invisibles. Nommer une identité permet à une personne de se reconnaître et d’être reconnue.
Le risque de ces listes, en revanche, est de laisser croire que chaque identité est figée et étanche. En réalité, les frontières entre certains termes sont poreuses. Une personne peut se définir comme genderqueer à 20 ans et comme non binaire à 30 ans, sans que son vécu ait fondamentalement changé. Le mot a évolué, pas nécessairement la personne.
- Les listes ne sont pas des classifications biologiques : elles reflètent un vocabulaire en mouvement.
- Un même vécu peut être décrit par plusieurs termes selon la culture, la langue ou l’époque.
- L’absence d’un terme dans une liste ne signifie pas que l’expérience n’existe pas.

La question « y a-t-il 26 genres ? » part d’une attente légitime : obtenir un cadre clair. La réponse la plus honnête est que le genre ne se résume pas à un catalogue fermé. Vingt-six est un chiffre parmi d’autres, issu de compilations militantes et médiatiques, pas d’un consensus scientifique.
Ce qui compte davantage que le décompte, c’est de comprendre la distinction entre sexe et genre, et de mesurer les conséquences juridiques et sociales de la reconnaissance (ou non) de cette diversité.